Xavier Nayrac

Rubyiste accro au TDD, serial blogger, apprenti data scientist, heureux utilisateur de Vim, accordéoniste.
Si vous vous sentez particulièrement généreux, suivez moi sur Twitter.

Parrot 5: un plan pour écrire un compilateur

| Comments

Niveau : intermédiaire

Après avoir fini le tour d’horizon de l’assembleur PIR dans la quatrième partie je digresse un peu sur ce qui nous attends dans les prochains épisodes.

Un plan pour écrire un compilateur

Maintenant qu’on sait écrire des programmes en PIR suffisament évolués pour fournir un début de support au magnifique langage Naam, il est plus que temps d’écrire le compilateur Naam vers PIR. Pour ça, il y a plusieurs solutions.

La première est d’utiliser les outils fournis avec Parrot sous le nom de PCT: Parrot Compiler Tools. PCT a vraiment l’air très bien et devrait faire l’affaire pour certains. Malheureusement pour moi, les outils PCT sont écrits en Perl, langage que je ne connais vraiment pas assez. J’ai essayé mais y a pas eu moyen. Si vous connaissez bien Perl, je pense que vous serez très heureux avec les PCT. Sinon, il faut se tourner vers autre chose.

La seconde solution est plus old-school. On écrit un compilateur en C à l’aide de Lex et Yacc, Flex et Bison, etc. Encore une fois, comme pour PCT, ce sont de très bons outils. Mais j’ai déjà donné, ils sont aussi ennuyeux qu’ils sont excellents. Pour mémoire, j’écris un toy language pour le fun.

Ça me laisse une troisième solution: tout écrire from scratch en Ruby. Ça c’est fun.

J’ai une certaine expérience dans le domaine. J’ai écrit des assembleurs, des compilateurs, des interpréteurs. En C, en python, en Java, en Ruby. Avec ou sans outils tiers. Certains projets ont aboutis et d’autres ont échoués mais à chaque fois j’appris quelque chose. Tout ça pour vous dire que je sais assez bien dans quoi je m’embarque. Naam est, et restera, un langage très simple. Comme je sais où je vais, écrire un compilateur Naam vers PIR en Ruby ne sera pas trop difficile. Je n’écrirais surement pas un code performant. Au contraire, je m’attacherais uniquement à produire un code facile à lire. Il nous faudra un analyseur lexical (un tokenizer et un lexer), un analyseur syntaxique (pour les fameuses Syntax Error). On aura peut-être besoin de produire un AST (Abstract Syntax Tree) mais surement pas dès le début. On aura aussi intêret à écrire la grammaire du langage. Il y arrivera un moment où il faudra se pencher sur les messages d’erreurs du compilateur. Après ça on avisera.

Un compilateur est après tout un programme comme un autre, donc je ne vois pas de raisons de ne pas l’écrire par améliorations successives. L’objectif initial sera donc simplement de compiler et faire tourner le programme suivant:

sign(n)=
1  if n > 0
-1 if n < 0
0  else

print sign(-123)

La prochaine fois on commence par le commencement en écrivant le tokenizer.

À demain.

Articles connexes

Commentaires